La cible de maîtrise de l'inflation, l'une des deux assises sur lesquelles repose la politique monétaire canadienne, est établie conjointement par la Banque et le gouvernement fédéral. Cependant, la gestion quotidienne de la politique monétaire incombe au Conseil de direction de la Banque, qui est constitué du gouverneur, du premier sous-gouverneur et des sous-gouverneurs.
Conformément à la Loi sur la Banque du Canada, le gouverneur et le ministre des Finances doivent se consulter régulièrement à propos de l'orientation de la politique monétaire. En cas de désaccord profond entre la Banque et le gouvernement fédéral, le ministre des Finances peut communiquer au gouverneur une directive écrite détaillant la nouvelle politique à suivre. Une telle directive n'a jamais été émise. Elle aurait probablement pour effet d'entraîner la démission du gouverneur.
La Banque met en oeuvre la politique monétaire en influant sur les taux d'intérêt à court terme. Pour ce faire, elle relève et abaisse le taux cible du financement à un jour (aussi appelé le taux directeur). Il s'agit du taux d'intérêt auquel les grandes institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d'un jour.
Pour plus de détails sur le processus, consultez Le mécanisme de transmission de la politique monétaire.Par politique monétaire, on entend les mesures prises par la Banque du Canada pour influer sur l'économie en faisant varier la quantité de monnaie en circulation.
Par politique budgétaire (fiscale), on entend les mesures prises par le gouvernement pour augmenter ou réduire les dépenses publiques et les impôts.
Une telle action ne contribuerait qu'à diminuer la valeur de la monnaie, à augmenter les taux d'intérêt et à entraver la croissance économique, ce qui est contraire aux buts recherchés.
Si la Banque imprimait des billets pour rembourser la dette publique ou financer les programmes du gouvernement, elle augmenterait de beaucoup la quantité de monnaie en circulation. Cela stimulerait temporairement l'économie en incitant les gens à dépenser et à emprunter davantage. Toutefois, la demande globale de biens et services croîtrait au-delà de la capacité de production de l'économie, ce qui créerait à coup sûr une forte inflation.
Non. Les institutions financières fixent leurs propres taux de base des prêts bancaires en fonction du coût des fonds à court terme et des pressions de la concurrence à laquelle elles se livrent. La Banque exerce une influence sur le coût des fonds à court terme en établissant le taux cible du financement à un jour.
Le taux officiel d'escompte est le taux d'intérêt auquel la Banque du Canada consent des prêts aux institutions financières. Il se situe un quart de point de pourcentage au-dessus du taux cible du financement à un jour, qui est le taux directeur de la Banque (voir ci-dessous).
Le taux cible du financement à un jour est le taux d'intérêt moyen auquel la Banque du Canada souhaite que les institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d'un jour. Si une variation de ce taux intervient, celle-ci se répercute sur d'autres taux d'intérêt, tels que ceux applicables aux emprunts contractés par les consommateurs et aux prêts hypothécaires.
Au fil des années, la Banque du Canada a perfectionné la manière dont elle mène sa politique monétaire. En 1994, elle a établi une fourchette opérationnelle pour le taux du financement à un jour et a changé sa façon d'établir le taux d'escompte en 1996.
Le taux officiel d'escompte représente maintenant la limite supérieure de la fourchette opérationnelle de la Banque. Il se situe toujours un quart de point de pourcentage au-dessus du taux cible du financement à un jour, qui correspond au point médian de la fourchette. Le taux officiel d'escompte est aussi le taux auquel la Banque prête des fonds à un jour aux institutions financières qui participent au plus important système de paiement du Canada, le Système de transfert de paiements de grande valeur.
La limite inférieure de la fourchette opérationnelle est le taux d'intérêt accordé par la Banque sur les sommes que les institutions financières déposent chez elle.
La Banque modifie toujours le taux du financement à un jour, les limites de la fourchette opérationnelle et le taux officiel d'escompte en même temps et du même pourcentage (voir le diagramme ci-dessous).
On trouvera ici les modalités détaillées du cadre opérationnel appliqué par la Banque lorsque le taux directeur se situe à sa valeur plancher.
Le taux cible est celui qu'il convient d'utiliser pour établir des comparaisons avec les taux d'intérêt d'autres pays. Il correspond directement au taux cible des fonds fédéraux de la Réserve fédérale américaine, au taux des prises en pension à deux semaines de la Banque d'Angleterre et au taux acheteur minimal des opérations de refinancement (taux des prises en pension) de la Banque centrale européenne.
Information connexe
Documents d'information
Le taux directeur est l'instrument classique de politique monétaire qu'utilisent les banques centrales afin de stabiliser l'économie et de maintenir la stabilité des prix. Lorsqu'il se rapproche de zéro, la banque centrale peut envisager de recourir à d'autres moyens pour stimuler l'économie et atteindre son objectif en matière d'inflation. Dans sa boîte à outils peuvent figurer des mesures monétaires moins classiques telles que l'assouplissement quantitatif et l'assouplissement direct du crédit.
Il s'agit d'achats par la banque centrale d'actifs financiers qu'elle finance par l'expansion des réserves tenues chez elle. Ces achats font augmenter le prix des actifs acquis (qui peuvent être aussi bien des titres d'État que des actifs du secteur privé) et diminuer leur rendement. En outre, la hausse des réserves mises à la disposition des banques commerciales encourage celles-ci à accroître l'offre de crédit aux ménages et aux entreprises.
L'assouplissement quantitatif implique le recours à des opérations de financement " non stérilisées "; autrement dit, les acquisitions d'actifs sont financées par l'expansion des réserves tenues à la banque centrale.
Il s'agit ici de l'achat ciblé d'actifs privés que la banque centrale effectue directement sur certains marchés de crédit essentiels au bon fonctionnement du système financier. Cette mesure vise à réduire les primes de risque, à améliorer la liquidité et à stimuler l'activité sur des marchés précis afin que le crédit circule et que la demande croisse au sein de l'économie.
Ce type d'intervention peut être stérilisé; en d'autres termes, il n'est pas nécessaire que la banque centrale augmente son offre de réserves pour procéder à un assouplissement du crédit. Elle peut décider de ne pas stériliser l'opération, ce qui revient à combiner assouplissement direct du crédit et assouplissement quantitatif.
Étant donné la crise financière mondiale en cours, la Banque a élargi ses mécanismes d'octroi de liquidités en vue de soutenir le bon fonctionnement des marchés financiers. Les nouvelles facilités mises en place revêtent la forme d'opérations de pension ou de prêt à plus d'un jour, et les transactions sont stérilisées.